Maladie de Sever - Explications et Conduite à tenir

MALADIE DE SEVER

La Maladie de Sever est aussi appelé ostéochondrite juvénile du calcanéum, du fait de sa localisation. En effet, cette affection est localisé au niveau de l’apophyse postérieure du calcanéum.

Il s’agit d’un trouble de croissance lié à un « surmenage » du pied. Le tendon d’Achille et l’os du talon (calcanéum) sont ainsi sur-sollicités. Ceci crée une contraction / rétraction progressive du tendon d’Achille. De plus, une inflammation autour de l’insertion du tendon sur le talon s’installe.

Ainsi, cette maladie touche le pré-adolescent ou l’adolescent entre 7 et 14 ans (mais peut débuter dès l’âge de 5 ans). L’apparition des douleurs lors du début d’une nouvelle activité est classique. Le surpoids est aussi un facteur de risque supplémentaire, augmentant les contraintes sur les talons. Enfin, une mauvaise statique ou « architecture » de la voûte plantaire accentue le risque de survenue. Une prédominance chez le garçon est retrouvée.

De plus, la pratique sportive accentue le risque de survenue de cette affection. Les sports les plus souvent incriminés sont ceux impliquant des chocs répétés ou une sollicitation importante sur le talon. Ainsi, la gymnastique, le tennis, le football ou l’athlétisme sont les sports les plus fréquemment retrouvés.

Une atteinte des 2 talons est très fréquente (60 à 80% des cas).

La Maladie de Sever est proche de la Maladie d’Osgood-Schlatter au genou.

Diagnostic

Le diagnostic est porté essentiellement par l’examen clinique par le médecin généraliste. La douleur survient sur un point précis (au niveau de l’insertion du tendon d’Achille) lors de la pratique du sport et après, lors de la récupération. Cette douleur peut irradier vers les faces latérales du talon, courir le long du tendon d’Achille ou vers la face inférieure du talon. Par la suite, cette douleur peut devenir permanente et aller jusqu’à générer une boiterie.

La marche sur la pointe du pied soulage l’enfant mais témoigne d’une rétraction du tendon d’Achille.

Bilan Radiologique

Radiographie simple objectivant une Maladie de SeverAucun examen complémentaire n’est nécessaire pour confirmer le diagnostic de Maladie de Sever.
Par contre, le médecin peut être amené à demander des radiographies simples. La fissuration du noyau d’ossification est visualisée, ne constituant pas un signe spécifique.

Elle permet d’éliminer une autre pathologie du genou lors d’une symptomatologie atypique.  On élimine ainsi un kyste osseux et la fracture de fatigue du calcanéum. La tendinite du tendon d’Achille est un autre diagnostic différentiel. L’examen clinique minutieux permet de faire la différence. Une échographie du tendon peut aussi être utile.

Prise en charge de la Maladie de Sever

La guérison sans séquelle (quand un arrêt de l’activité sportive est observé), est l’évolution naturelle de la Maladie de Sever. Cette guérison survient en moyenne après 3 à 6 mois de repos. Malheureusement, ce délai de guérison peut être plus long. Parfois, ce n’est qu’à la fin de la puberté (16 ans) que la guérison s’effectue.

Quelques séquelles peuvent tout de même survenir et persister de façon chronique à l’âge adulte. Elles sont d’autant plus fréquentes que l’enfant poursuit malgré la douleur ses activités physiques. Ces séquelles sont liées à la formation de calcifications au niveau de l’insertion du tendon d’Achille. Ces séquelles sont invalidantes lors de la pratique sportive.

Aucun traitement médicamenteux ou chirurgical n’est nécessaire. L’arrêt total et complet de l’activité sportive est le principal traitement. L’enfant sera contraint d’arrêter tout sport. Mais il devra aussi limiter au maximum de courir, de sauter au quotidien, choses compliquées à observer à cet âge. La reprise d’activité est progressive, en privilégiant des sports ne sollicitant pas les talons et les mollets tels que la natation.

Par contre, le médecin peut être amené à prescrire un traitement antalgique (comme le Paracétamol) ou des anti-inflammatoires (comme l’Ibuprofène) en cas de douleurs résiduelles observées malgré l’arrêt du sportEn effet, parfois le talon peut être le lieu d’un gonflement important.

Exercices quotidiens

A la maison, l’enfant peut appliquer de la glace sur la zone douloureuse, permettant celle-ci de diminuer.

L’enfant peut, par ailleurs, effectuer des étirements quotidiens. Ceci permet de diminuer les douleurs liées à la Maladie de Sever. Ils permettent aussi de raccourcir le délai de repos strict. Ces étirements seront portés essentiellement au niveau du triceps sural (muscle du mollet) et du tendon d’Achille. Ainsi, les étirements doux en fente avant, talon au sol sont préconisés. Ils permettent de travailler sur la brièveté du tendon d’Achille et l’élasticité des chaines postérieures.

L’étirement du mollet (triceps sural) et le tendon d’Achille s’effectue en ramenant la pointe du pied vers soi. Idéalement, en station allongé jambes tendues, on ramène la pointe des pieds vers soi, et on maintient cette position entre 10 secondes. Il est conseillé de répéter cette étirement 3 à 5 fois, tous les jours. Un autre exercice consiste à essayer de toucher la pointe des pieds, en étant en station debout jambes croisées. Dernier exercice, étirer les triceps en posant la pointe du pied sur une marche et pousser doucement.

Le renforcement des muscles antérieurs du tibia est aussi à faire si possible. Celui ci s’effectue, en position assise, jambe travaillée croisée sur l’autre. Il s’agit de prendre le pied avec la main, et de le tirer doucement sur une extension de la cheville. Ceci est un exemple, d’autres exercices sont possibles.

 

Prise en charge par kinésithérapie

Pose d'un K Taping au niveau du triceps et du tendon d'AchilleDe même, une prise en charge par kinésithérapie peut être discuté. Elle permet une possible amélioration les douleurs. Une action anti-inflammatoire du tendon d’Achille ainsi que son étirement est recherché. Par contre, cette prise en charge ne permet pas de raccourcir le délai de guérison.

De plus, le kinésithérapeute peut posé des bandages à action proprioceptives (K-Taping).

Bilan podologique

Une mauvaise statique peut intervenir dans la pathologie. Ainsi, l’examen chez un podologue permettant de voire les appuis peut être nécessaire. Au décours, le port de semelles orthopédiques peut améliorer les douleurs. Le port d’une talonnette permettant la réduction de la traction du tendon et l’élévation du talon peut être conseillé. Elle ne doit être faite qu’après un examen précis chez un podologue du sport. En effet, le port non adapté de la talonnette peut favoriser la brièveté du tendon d’Achille, et donc être délétère.

Le port d’une attelle nocturne peut être bénéfique. Celle-ci permet d’étirer les muscles du mollet.

Enfin, le port d’un plâtre  dans certains cas est nécessaire en cas de douleurs persistantes malgré une bonne observance.

Reprise sportive

La reprise sportive doivent être progressive. Elle s’effectue lorsqu’il n’existe plus aucune douleur à la marche. On privilégie les activités ne nécessitant pas l’appui sur le talon, et notamment l’impulsion. Ainsi, la natation est le sport de choix lors de la reprise.

Par la suite, une adaptation posturale et des gestes techniques doivent être effectués pour éviter une rechute. Par exemple au tennis, il est intéressant de revoir la posture lors du service. L’entraîneur sportif ainsi que le médecin doivent aider l’enfant en fonction du sport pratiqué.

Une adaptation de la fréquence et l’intensité des séances sportives sont préconisés.

Enfin, le port de chaussures adaptées, de bonne qualité, avec un contrefort postérieur est nécessaire. Le port régulier de tong ou similaire est à bannir.

Voir Maladie de Sinding Larsen et Maladie d’Osgood-Schlatter

N’hésitez pas à me laisser en bas de cette page, en commentaire, toutes remarque, question ou demande de complément d’information. J’essaierai d’y répondre.

Cet article est réalisé dans un but explicatif. En rien il ne peut remplacer une consultation médicale. Même si cette pathologie ne relève pas d’un traitement médicamenteux, un suivi médical est primordial.

Prendre Rendez vous via Doctolib

Maladie d'Osgood Schlatter - Explications et conduite à tenir

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *